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17 juillet 2026 · Timothée de Benoist

AI Act : ce que les agences immobilières doivent savoir avant le 2 août 2026

Le règlement européen sur l'IA entre en application complète le 2 août 2026. Le scoring locataire est classé haut risque — mais l'obligation haut risque est repoussée à 2027. Ce qui ne l'est pas : la transparence. Et c'est là que les agences ont du travail à faire.

Le 2 août 2026, l’AI Act européen entre en application complète. Pas dans un an, pas « bientôt » — dans quelques jours. Et la majorité des agences immobilières qui utilisent de l’IA n’ont pas encore fait le tour de ce que ça implique pour elles.

Voilà le point, sans jargon.

Ce qu’est l’AI Act

L’AI Act est le premier règlement mondial sur l’intelligence artificielle. Il classe les systèmes IA en quatre niveaux de risque — risque inacceptable (interdit), haut risque (obligations lourdes), risque limité (transparence obligatoire), risque minimal (rien à faire). Les sanctions pour non-conformité peuvent atteindre jusqu’à 35 M€ ou 7 % du chiffre d’affaires mondial.

Le texte s’applique à toute organisation qui déploie un système IA en Europe — pas seulement à ceux qui le développent. Une agence qui utilise un outil de scoring locataire fourni par un tiers est un déployeur au sens du règlement, avec ses propres obligations.

La bonne nouvelle : le haut risque est repoussé à 2027

L’Annexe III de l’AI Act liste les cas d’usage automatiquement classés « haut risque ». L’accès aux services essentiels en fait partie — et le logement en est un. Concrètement : un outil qui score la solvabilité d’un candidat locataire pour décider de lui louer ou non un bien est, selon toute vraisemblance, un système IA à haut risque.

Les obligations haut risque sont lourdes : documentation technique, gestion des données d’entraînement, journalisation, supervision humaine, évaluation d’impact sur les droits fondamentaux. Ce sont des chantiers de plusieurs mois.

Mais — et c’est le point que beaucoup ratent — l’accord dit « Digital Omnibus » du 7 mai 2026 a repoussé l’application de l’Annexe III au 2 décembre 2027. Les obligations haut risque ne s’appliquent pas le 2 août. Vous avez 16 mois supplémentaires.

Ce qui ne bouge pas : le reste.

Ce qui s’applique bien le 2 août 2026

Deux obligations entrent en vigueur dans quelques jours et concernent directement les agences.

1. Les obligations de transparence (Article 50)

Tout système IA qui interagit avec une personne physique doit l’en informer clairement. Si votre agent conversationnel répond à des candidats locataires, collecte leurs informations ou leur parle d’un logement — il doit s’identifier comme IA dès le premier échange. Pas dans les CGU, pas dans une case cochée : de façon explicite, en début de conversation.

2. L’interdiction des pratiques inacceptables

Les systèmes de notation sociale générale des personnes, la manipulation comportementale ou l’exploitation de vulnérabilités sont interdits depuis février 2025 — et restent interdits. Ce périmètre ne change pas.

Ce que ça implique concrètement pour une agence

Si vous utilisez un agent conversationnel pour qualifier vos candidats : il doit se présenter comme IA. C’est simple à mettre en place, mais il faut le faire.

Si vous utilisez un score de solvabilité IA pour décider d’accepter ou de rejeter un dossier : vous êtes probablement dans le périmètre haut risque de l’Annexe III. Vous avez jusqu’à décembre 2027 pour vous y conformer — mais le travail de documentation et d’audit commence maintenant si vous voulez tenir ce calendrier.

Si vous utilisez des outils IA fournis par un tiers (logiciel de gestion, portail, outil de scoring externe) : votre responsabilité de déployeur reste engagée. Il faut demander à vos prestataires leur positionnement réglementaire.

Notre position

On construit des agents qui qualifient des candidats locataires et scorent leur solvabilité. L’Annexe III nous concerne directement.

Depuis le début, nos agents s’identifient comme IA dans chaque conversation : c’est une ligne dans le prompt système, pas un chantier de conformité. Ce n’était pas pour l’AI Act — c’était parce qu’un candidat qui ne sait pas à qui il parle ne fait pas confiance au processus, et un dossier construit sur une conversation floue ne vaut rien.

Sur le haut risque, nous documentons au fil de l’eau : chaque règle de scoring est explicite, chaque décision de rejet est justifiable, chaque donnée traitée est tracée. Pas parce que l’ANSSI frappera à notre porte le 3 août — mais parce qu’une agence qui nous confie 300 dossiers mérite de savoir exactement ce que l’agent fait et pourquoi.

La promesse

L’AI Act n’est pas un obstacle à l’IA dans l’immobilier. C’est un filtre qui va éliminer les outils opaques — ceux qui scorent sans expliquer, qui décident sans journaliser, qui interagissent sans se présenter.

Les agences qui déploient des agents bien conçus maintenant ne subiront pas ce filtre. Elles en bénéficieront.


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